Dans beaucoup de cas, elle est précédée par des "états schizoïdes" qui permettent encore à l'individu de mener une vie quasi normale en apparence et qui ne constituent qu'une accentuation de ses particularités caractérielles.
Il apparaît songeur, renfermé, sujet à des impulsions irraisonnées.
Ces signes sont souvent interprétés par les parents comme des traits de mauvais caractère.
Au début, l'adolescent décroche sur le plan scolaire.
Il reconnaît lui-même avoir de plus en plus de difficulté à se concentrer, à maintenir son attention.
Ces troubles résultent de l'incapacité progressive du patient à utiliser ses capacités intellectuelles.
L'entourage essaie souvent de minimiser le caractère pathologique de ces comportements, et fournit des explications : cause somatique, paresse, crise de croissance, crise d'adolescence, considération de l'échec comme la cause et non comme la conséquence de la perte d'efficience.Les troubles affectifs sont trompeurs également, car ils sont aussi vécus par tout adolescent qui accède à l'âge adulte.
Le caractère paraît changer : le jeune est morose, froid, indifférent, il n'a plus d'élans affectifs, il s'isole de plus en plus et abandonne ses investissements extérieurs.
Il fuit la compagnie de ses camarades et se montre irascible, hostile lorsqu'il se trouve au sein de sa famille.
Ses bizarreries deviennent plus nombreuses.
Son regard se dérobe.
Il sourit sans raison ou esquisse des mouvements dont on ne perçoit pas la cause. Sa sexualité est perturbée, "mal intégrée".
Il arrive qu'il lutte instinctivement contre la dépersonnalisation qui le menace.
Il s'attache alors à une idée, un concept religieux, un idéal politique, un système philosophique autour duquel il tente de se "rassembler".
Mais il apporte dans cette foi, réduite en fait aux proportions d'une marotte, une confusion d'esprit ou un rationalisme systématique jusqu'à l'absurde qui révèle la profondeur du trouble mental.





